IWTROOUCTION
Dans les pages suivantes nous allons presenter tine description phonologique du
karabbro, plus pr^eis^inent du dialecte kar de Ti^fora.
1.1 Les Karabo ro
II sen±>le que les Karaboro aient 6t6. ^ I'origine rattach^s avix S^noufo de Cote
d'lvoire et aient habite la r-^gion de Taf^r^ d'o€t ils aaraient ^migr^ au 18^ si^cle
pour s' installer dans leur habitat actuel^ ^ I'est et S I'ouest de Banfora en Haute
Volta. On pourrait dire que Banfora est uri^ sorte de fronti^re dialectale^ car les
parlers karaboro de I'est et de I'ouest se distinguent nettement. P. Banfora memer la
chalne des dialectes karaboro est interrompue. N^anmoins^ il paralt qu' autrefois
Banfora et Eounouna, le premier village vers I'est , auraient ^t4 inclus dans cette
chalne. Peu a peu les Gouin se seraient installfSs.- si bien que aujourd'hui Bounouna
est consid^r^ comme un village purement gouin/ tandis que la population de Banfora
constitue un amalgame de diff^rentes ethnies voltalques; avec une majorite de Gouin.
Les Karaboro de I'est semblent avoir subi moins forteroentl- influence gouin
que les Karaboro de I'ouest. Par exemple, h I'est la fabrication de canaris eh argile,
ou les travaux de tressage en feuilles de r6nier sont a peu pres inconnus, alors que
c'est chose conunune chez les Karaboro de I'ouest. II est fort probable que ceci rdsulte
du proche voisinage des Gouin, car ces demiers sont renoirm^s pour leur habilet^ dans
ces doraaines.
La population karaboro corprend environ 40.000 personnes. Ce chiffre inclu, outre
les deux groupes principaux.. les Karaboro disperses dans les cantons de Haut Como^ et
de Sid^radougou.
Les Karaboro a I'est de Banfora ont coTTime voisins insm^diats les crroupes suivants
A I'ouest et au sud les Gouin, ^ I'est les Tiefo et au nord les Toussian.
Les Karaboro a I'ouest de Banfora se situent entre les Turca h I'ouest, les Gouir
au sud et ^ I'est et les Toussian au nord.
1.2 La langue karabor o
Westerroan et Bryan ainsi que Lavergne de Tressan ont classe le karaboro
comme membre du groupe senoufo de la famille 'gur', Bendor-Samuel a propose de
considdrer le karaboro cormre une subdivision majeure a I'intdrieur de 1 'ensemble
(4)
senoufo. L'enqu§te dialectale sur le karaboro a confirrae cette derni^re vue.
^toyennant les r^sultats de cette enqu§te nous constatons que la langue karaboro
se divise en deux groupes principaux. Le groupe de I'est qui se trouve ^ I'est de
Banfora, comprend les douze villaqGs du canton Karaborola (voir carte 1.4). Eux-memes
s'appellent 'kai' et leur parler *kar' ou *kai yur' (^lanque des kai*) les Kai sent
aussi connus sous les noms 'klein' ou kleb* et leur langue est anpel^e 'kler' par le
groupe de I'ouest. Ti^fora est considero coinme centre dialectal du kar.
Le groupe de I'ouest comprend les villages Tengrela, Tiekouna, Sitiena, -Diougolo,
Karfiguela, Letnouroudougou- Kiribina et Serdfedougou. Eux-in§mes s'appellent 'Jeem' et
leur parler s'appelle 'Jer', Tenarela est consider^ conime centre dialectal du 'Jer*.
Les gens de Tengrela s'appellent aussi 'tanyeem* et designent leur ianaue comme le
'tanyeer'. (pour ce qui concerne I'appelation des diffdrents parlers et groupes dia-
lectaux voir .l'enqu§te dialectale karaboro, p. 11).
En ce qui concerne I'lntercomprehension, c'est le parler kar de Ti^fora qui est
le mieux compris par les autres locuteurs ^araJboro. ^ La moyenne d'interconiprehension
s'eleve h 83 %, alors que les gens de Tiefora comprennent seulement environ 33 % de ce
qui est dit dans les autres- dialectes karaboro (enqu^te dialectale karaboro, p-^ 14) ,
C?est en tenant compte de ces faits que noMs avons. choisi le parler kar de Tiefora
coinme base -de notre description du karaboro.
La pr^sente description du systeme phonologique du karaboro suit un modele
hierarchique, combine? avec une approche prosodique qui s' inspire de I'ecole Londo.-^- . n: .
nienne . Dans cette perspective* on distingue .des unites operant a des niveaux
differents, et dont chacune est compos^e d'unit^s relevant du niveau inf/^rieur, I'unite
la plus petite ^^tant le phoneme. Les prosodies sont des traits phonplqgiques caracte-
risant des unites non-minimales entieres, telles que la syllabe ou le inqt phonologique.
Notre description du karaboro se limite aux niveaux infdrieurs, c'est^a-^dire ceux
du phoneme r de la syllabe et du mot phonologique. Une etude des niveaux sup^rieurs est
envisagee pour plus tard. ..
Pour la syrabolisation nous avons pris les signes proposes par l*I,P...Ai k
1 ' exception de la semivoyelle palatale et des consonnes palatalis4es :
y = semivoyelle palatale
Cy = consonnes palatalisee.
Les tons sont indiques au moyen d* accents t
= ton haut
" = ton moyen
= ton bas
= ton ffiontant
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
DEPARTEMENT DE LINGUISTiQUE
SOCIETE INTERNATIONALE DE LINGUISTIQUE
Publications conjointes
(sous la dirsction de Bakary Coulibaly
•t de Thomas Baarth)
DESCRIPTION PHONOLOGIQUE
du
KARABORO
Madlen WICHSER
Marlift bOHLER
1979